Toute l'actualite de la finance et de la gestion du patrimoine en France

❌
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierBlog news

La plus grande rupture de l’économie américaine ?

Par Philippe Waechter

Les Etats-Unis sont ils face à la plus grande rupture d’activité de leur histoire ?
C’est peut-être l’histoire que raconte le chiffre des inscriptions hebdomadaires au chômage.
Le nombre de cas de contamination
au Covid-19 explose aux USA.
La dégradation du marché du travail n’est pas terminée.

Le 20 mars le nombre d’inscriptions a été publié à 3 238 000. La semaine précédente, le 13 mars, ce chiffre n’était que de 282 000.
Jamais dans l’histoire de cette statistique, paraissant depuis janvier 1967, une telle rupture avait été observée. Le plus haut précédent était le 1er octobre 1982 avec une nombre d’inscrits de 695 000.
Cet indicateur hebdomadaire est un bon signal sur l’allure du cycle américain et le chiffre du 20 mars suggère une dépression plus qu’une récession. Le rapport de l’emploi du mois de mars pourrait indiquer plus de 800 000 destructions d’emplois. Ces données seraient aussi compatibles avec un repli sur un an du PIB américain dans une fourchette entre -4% et -5%.

La raison principale de cette brutale hausse des inscriptions est à trouver dans l’impact du coronavirus. La plus forte hausse cumulée est associée aux états ayant le plus de contaminés.
Le graphique ci-contre montre sur l’axe horizontal le nombre de contaminés au Covid-19 par état. La barre est le cumul des inscriptions au chômage par état avec la caractéristique du nombre de contaminés. Par exemple, la somme des inscrits dans des états ayant entre 1001 et 5000 contaminés est de 1 287 528.

Sur la semaine allant du 13 au 20 mars, le nombre de contaminés confirmés est passé de 2179 à 19 100. C’est beaucoup mais peu par rapport à l’évolution observée depuis. Le 26 mars, le nombre de contaminés confirmés américains passe au dessus du chiffre chinois, et s’inscrit à 83 836. En à peine une semaine, le nombre de contaminés américains a été multiplié par 4. Le graphe de la progression aux USA est éloquent.
Cela implique que le nombre d’inscriptions hebdomadaires au chômage va encore progresser très rapidement dans la semaine du 21 au 27 mars.

Une conséquence directe est la baisse du nombre d’emplois dans le rapport sur le marché du travail qui sera publié le 3 avril. Généralement, lorsque le nombre d’inscriptions hebdomadaires au chômage est autour de 400 000 alors il n’y a pas de création nette d’emplois.

La publication des chiffres de la semaine du 13 au 20 mars change l’échelle du graphe. On voit sur la droite du graphique, l’impact des inscriptions publiées le 20 mars.
D’un seul coup, la contraction de l’emploi pourrait être à l’échelle de ce qui avait été observé après plusieurs mois de crise en 2008.
On peut anticiper quelques 800 000 suppressions d’emplois, peut être plus….
Un tel repli de l’emploi va se traduire par une contraction rapide de l’activité. Le PIB pourrait se contracter sur un an de 4 à 6% au deuxième trimestre.

Le dernier aspect de ce rapport sur les inscriptions au chômage est l’impact politique qu’il aura. On relève que c’est dans les états qui ont voté Trump en 2016 que les ajustements sont, en moyenne, les plus importants. Dans les états ayant votés républicains, les inscriptions hebdomadaires ont augmenté de 1 478 000 alors que dans les états ayant voté démocrates la hausse est de 1 169 000. Les états industriels sont très touchés, ce sont ceux qui avaient voté pour le locataire de la Maison Blanche en 2016. Si la crise s’accentue en raison de la propagation du Covid-19, la situation pourrait encore s’aggraver dans ces états et pénaliser le vote républicain le 3 novembre prochain.

La dépression américaine

Par Philippe Waechter

La hausse des inscriptions hebdomadaires au chômage est sans précédent.
A l’aune de ce chiffre, la crise de 2008 apparait très limitée

L’épidémie du coronavirus est le plus terrible choc pour l’économie américaine. Les inscriptions hebdomadaires au chômage n’ont jamais été aussi élevées même pendant la grande récession de 2008. La dépression est là.

L’économie française touchée de plein fouet par l’épidémie

Par Philippe Waechter

L’économie française tourne à 65% de ses capacités à la fin du mois de mars. L’Insee montre l’importance d’un confinement de durée réduite

L’Insee a publié la note que nous attendions. L’institut donne une mesure de l’impact de la crise sur le niveau de l’activité. L’économie française évoluerait à 65% de sa capacité durant la dernière semaine de mars.

L’analyse de l’ Insee confirme le point observé dans les enquêtes Markit : l’ajustement à la baisse de l’activité s’observe principalement dans les services et pas dans l’industrie. Cela n’empêche pas les industriels d’être très inquiets sur les perspectives.

L’indicateur du climat des affaires (enquete faite sur la première partie du mois) jest en repli de 10 points passant largement sous sa moyenne historique. Ce sont les services qui baissent le plus rapidement et notamment la distribution. En revanche, l’enquête dans l’industrie n’a qu’un recul limité. Cela ne signifie pas que la crise sera indolore. Les perspectives d’activité sont médiocres. L’ajustement est à venir.

En prenant ces enquêtes et d’autres données, l’Insee estime que l’économie française tourne, fin mars, à 35% au-dessous de sa situation normale.
Si le confinement et l’ampleur de ce recul se maintenait un mois alors l’impact sur l’évolution annuelle du PIB serait de -3% et de -6% si le confinement durait deux mois. Cela met en relief la nécessité de mettre en œuvre les mesures pour limiter la contagion. Un confinement efficace, et c’est l’affaire de tous, permettra de réduire l’ampleur du repli de l’activité. Nous en serions tous bénéficiaires.

Face à cette rapide baisse de l’activité, l’emploi se replie fortement. On perçoit ici la nécessité de de la prise en charge du chômage partiel si le choc n’est que temporaire. Cela limitera un coût d’ajustement trop élevé sur le marché du travail.
Dans le même temps, la consommation des ménages reculerait actuellement de 35% notamment sur les biens industriels.

État des lieux à la fin du mois de mars.

L’IFO suggère un fort ajustement sur l’emploi

Par Philippe Waechter

En 2009, le gouvernement allemand avait pris en charge 1.5 millions de salariés en chômage partiel. L’effort qui devra être fait sera du même ordre en 2020. La baisse de 10 points de l’IFO en mars va se refléter dans une baisse rapide et profonde de l’activité (PIB) et une montée rapide du chômage.

Au regard des enquêtes menées au cours du mois de mars, le PIB devrait se contracter à un rythme de l’ordre de 4 à 6 % en taux annualisé.
Cette dynamique de récession ne va pas s’achever car l’ajustement sur le secteur manufacturier n’est pas achevé. Comme partout ailleurs, les services se sont vite dégradés mais le secteur manufacturier devrait continuer de se contracter et pénaliser l’activité au T2 et au T3

Les gouvernements souhaitent la récession

Par Philippe Waechter

La récession est souhaitée par les gouvernements pour réduire la pandémie. C’est une première et c’est pour cela que la crise n’est pas ordinaire.

La crise actuelle a deux composantes inédites. La première est que chaque gouvernement souhaite que son économie entre en récession et la seconde qui est que tous les gouvernements le font en même temps.
Avouez que c’est original et que cela n’a rien à voir avec la crise de 1929, de 1987, de 2001 ou encore de 2008. Jamais les gouvernements n’avaient de façon rationnelle poussé leur économie en récession. Ne l’aurait-il pas fait que l’on aurait pu les traiter d’irresponsable face à la crise sanitaire qui met le monde en danger.
Le confinement permet de limiter la contagion virale mais il doit s’accompagner de mesures de compensation.
Chaque gouvernement veut mettre tous les moyens pour réduire cette possibilité d’une contagion et chaque autorité, des gouvernements aux banques centrales, a la perception que plus les moyens seront importants, plus la fin de la contagion sera proche.

La récession n’en sera que plus profonde.

Le choc est fort, persistant et d’une nature nouvelle comme l’ont montré les enquêtes Markit de ce matin. Les indices d’activité sont très faibles, comparables à ceux de 2008 (plus faible qu’en 2008 pour la France et l’Allemagne) mais fait nouveau, ce sont les services qui, quel que soit le pays, pénalisent le plus l’activité. Le caractère stabilisant des services n’est plus vérifié dans cette crise. Ce n’est plus la volatilité du secteur manufacturier qui mène le cycle économique mais celle des services. On a ici une mesure de l’impact de l’arrêt du transport aérien et du tourisme. On ne dispose pas encore vraiment des mesures du confinement car aucun des pays publiés le 24 mars n’avait été confinés plus d’une semaine. Le chiffre d’Avril pourrait alors être révélateur de la contrainte engendrée par le confinement.

L’autre remarque est ce choc sur l’activité se produit dans des économies occidentales dont la capacité de rebond est limitée. Les gains de productivité observées avant la crise étaient faibles partout et la croissance potentielle beaucoup plus réduite qu’avant la crise de 2008. La capacité de rebond sera donc limitée lors de la reprise marquant la fin de l’épidémie. La croissance future sera plus réduite que celle observée récemment puisque le choc s’est traduit par une baisse de l’investissement des entreprises et donc d’une obsolescence plus rapide du capital productif.

Toutes les économies sont atteintes et désorganisées sous les effets conjugués de la contagion et du confinement. Imaginer que l’économie globale puisse se réorganiser rapidement alors que sa capacité de rebond est réduite est un leurre. La possibilité de s’ajuster rapidement est beaucoup plus faible puisque le mouvement est plus lent et d’une moindre ampleur.
L’économie va franchement changer avec cette crise. La croissance lente qui en résultera va engendrer une demande plus forte de politique et de relocalisation de la production vers les pays occidentaux. L’économie globale qui s’était tournée vers davantage d’ouverture et de globalisation pourrait désormais se réorienter vers davantage de préoccupations internes et la réinvention des frontières. Pas une bonne nouvelle.

Cascade d’augmentations de prix de parts SCPI en 2020

Par Benjamin CLAVEL

Avec une collecte nette de 8,5 milliards d’Euros en 2019 (record historique) pour une performance moyenne totale de 5,6 % (4,4 % au titre des revenus distribués et 1,2 % au titre de l’augmentation des prix de part), les SCPI ont clairement le vent en poupe. Et même si l’année 2020 ne sera pas de tout repos, la tendance semble bonne pour les SCPI, placement résilient et performant à long terme. Pour preuve nous assistons à une vague d’augmentation de prix de parts en ce début d’année. Vous trouverez d’ailleurs ci-après la liste des SCPI dont le prix de part a augmenté depuis le 1er janvier 2020. Et bien d’autres SCPI devraient voir leur prix de part progresser. Nous vous dirons comment nous les détectons afin d’en faire profiter au mieux nos clients.

Les augmentations de prix de part de SCPI en 2020 (à jour au 23 mars 2020):

Cliquez sur les noms des SCPI en bleu pour demander une documentation ou avoir plus d’informations.

Nom de la SCPI Ancien prix de part Nouveau prix de part Hausse de prix Date de la hausse
LF Europimmo 1 030 € 1 045 € 1,46 % 01/03/20
Epargne Foncière 810 € 827 € 2,10 % 01/03/20
LF Grand Paris Patrimoine 300 € 310 € 3,33 % 01/03/20
Pierre Privilège 839 € 853 € 1,67 % 01/03/20
Eurofoncière 2 252 € 257 € 1,98 % 01/03/20
Rivoli Avenir Patrimoine 298 € 304 € 2,01 % 01/03/20
Edissimmo 235 € 237 € 0,85 % 01/03/20
Genepierre 268,5 € 270 € 0,56 % 01/03/20
PF Grand Paris 510 € 532 € 4,31 % 01/03/20

 

Et encore des augmentations à venir !

Nous savons déjà que certaines sociétés de gestion ont prévu des revalorisations au 1er avril. Nous mettrons donc ce tableau à jour en conséquence.

Par ailleurs nous vous rappelons que nous effectuons une veille pour déterminer quelles SCPI sont les plus susceptibles de voir leur prix de part augmenter. Il existe pour cela une méthode de calcul simple, et nous actualisons régulièrement nos chiffrages afin d’en faire profiter au mieux nos clients. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.

 

Quelle SCPI est faite pour vous ?

Remplissez ce formulaire si vous souhaitez qu'un de nos conseiller vous guide dans votre investissement en SCPI.
  • Nous avons besoin de cette information pour évaluer votre capacité d'emprunt et vous faire une proposition de financement.
  • Nous avons besoin de cette information pour évaluer votre capacité d'emprunt et vous faire une proposition de financement.
  • Notre proposition tiendra bien évidemment compte de tous les éléments: frais liés au crédit, fiscalité, prélèvements sociaux...
  • La durée d'investissement recommandée pour les SCPI est supérieure à 8 ans.
    Plusieurs réponses possibles
    Plusieurs réponses possibles
  • Pour que nous ne vous proposions pas un contrat que vous détenez déjà par ailleurs.
    Plusieurs réponses possibles
  • Afin que nous ne vous proposions pas des SCPI que vous possédez déjà.
  • Il est rappelé que les SCPI ne comportent aucune garantie en capital.
  • Format de date :JJ slash MM slash AAAA
  • Si vous avez un commentaire à nous faire, des exigences particulières etc etc
  • Ces informations sont nécessaires à un bon traitement de votre demande ainsi que pour nous permettre de vous adresser des contenus adaptés à vos centres d’intérêt. Conformément à la loi “informatique et libertés”, vous pouvez exercer votre droit d’accès aux données vous concernant en nous contactant. Consultez notre page "Politique de confidentialité" pour en savoir plus.

L’article Cascade d’augmentations de prix de parts SCPI en 2020 est apparu en premier sur TousLesPlacements.com.

Allemagne 1923 vs Monde 2021 ?

Par Philippe Waechter

Que peut il se passer si le scénario qui sous-tend l’ensemble des mesures de politiques économiques face au choc épidémique n’est pas le bon ? Si la crise sanitaire se prolonge?
Un risque d’hyperinflation est probable

En Europe, les Etats et les banques centrales sont prêtes à faire tous les efforts nécessaires pour que le choc épidémique ait l’impact le plus réduit possible.
La contrainte du pacte de stabilité saute, les déficits vont s’élargir puisque les gouvernements souhaitent se substituer aux mécanismes économiques le temps nécessaire à la résorption du choc (pour plus de détails voir L’épidémie et le pari des politiques économiques). De son côté, la BCE déclenche un plan de 750 milliards d’euro et achètera, avec l’ensemble de ses programmes, environ 1000 milliards d’actifs en 2020. Elle disposera ainsi d’un pouvoir considérable sur le marché obligataire de la zone Euro.
Les gouvernements mettent en place des moyens exceptionnels pour faire face au choc épidémique et la BCE pour faire face achètera les actifs émis par les gouvernements afin de maintenir des taux d’intérêt très bas.

L’hypothèse la plus forte est qu’à la fin du mois d’avril la crise épidémique sera terminée. Le ministre de l’éducation, Jean Michel Blanquer, indiquait dans un interview au Parisien que “le scénario privilégié pour l’école est un retour en classe le 4 mai”. Cela veut dire que le 4 mai, il n’y a plus de cas de récidive possible.
Si c’est ce scénario qui prévaut alors les choix qui sont faits sont crédibles et on peut imaginer un effort collectif considérable pour faire face à quasiment 2 mois d’inactivités. Les mesures temporaires (chômage partiel, report de charges,…) auront été d’une ampleur suffisamment importante pour que l’économie reparte au début du mois de mai. Le coût est élevé mais cette prise en charge collective est le moindre mal. La BCE ayant été active durant la période, les taux d’intérêt sont bas et les conditions financières accommodantes.
Toutes les conditions seraient alors réunies pour un retour de la croissance qui pourrait même être favorisé par un plan de relance pour recaler l’économie sur la bonne trajectoire.

Il est peut être trop optimiste de penser qu’à la fin Avril,
le risque épidémique aura complètement disparu

Au regard de certaines analyses (voir celle de l’Imperial College de Londres) ce scénario est trop optimiste et l’hypothèse de sortie de crise, dès fin avril, pourrait être prématurée et trop optimiste. La crise sanitaire pourrait être plus longue, obligeant à maintenir la stratégie de confinement tant qu’une immunité collective n’a pas été observée ou tant qu’il n’existe pas de vaccin.

Que pourrait il alors se passer sur le plan économique?
Le plan de 750 milliards de la BCE est une mesure du coût que représenterait la crise si elle en dure que jusqu’à la fin du mois d’avril.
Une crise plus longue en ferait exploser le coût alors que dans le même temps, la confiance de chacun envers les gouvernements risque de s’estomper puisque le scénario qui se dessine n’est pas celui qui était privilégié.
Du côté des gouvernements, si la crise est plus longue qu’attendue, le choix sera soit d’arrêter l’ensemble des mesures en raison des coûts associés, soit de les prolonger en attendant que la situation sanitaire se stabilise enfin.

La première option implique que tous les ajustements qui ont été reportés du fait de la prise en charge par l’Etat seront effectués lors du retrait de l’Etat.
Le chômage pourrait alors exploser et le la société civile être profondément déstabilisée. Cela peut apparaitre comme la pire des solutions. Les conséquences du choc profond sur l’activité ont ainsi été retardées mais la fin de la prise en charge par l’Etat conduit à une situation instable qui apparaît peu souhaitable en raison du coût économique et par la suite du coût politique qui pourraient en résulter.
Il semble préférable de prolonger les mesures prises afin de limiter les risques d’ajustements mentionnés ci-dessus.

Les gouvernements maintiennent leurs choix

Les dépenses gouvernementales progressent à un rythme très élevé et l’intervention de la banque centrale est de plus en plus importante. La monétisation de la dette publique n’est alors jamais apparue aussi marquée ni aussi directe et visible depuis des lustres. Les gouvernements sont même obligés d’accentuer les mesures car l’économie sous-jacente se dégrade, faute de reprise de l’activité. Le capital productif devient progressivement obsolète et la perception, par tous les observateurs, est que la reprise qui se profilera, un jour, ne sera pas à la hauteur des sommes engagées ni des attentes de tous.
L’accélération des dépenses et leur financement par la banque centrale apparaissent alors comme une stratégie inefficace car l’économie continue de se dégrader faute d’investissements.
Le risque est une perte de confiance dans la monnaie face à l’emballement de la politique économique et aux émissions monétaires considérables alors que l’économie continue de se dégrader faute de dépenses d’investissements suffisantes.
En 1923, en Allemagne, une telle situation s’était traduite par une période d’hyperinflation. Celle ci permettait d’effacer les conséquences de la première guerre mondiale sur l’économie allemande et les difficultés à retrouver une bonne trajectoire de croissance.
Le risque est là. Si la crise sanitaire se prolonge au delà du mois d’avril, la prise en charge de l’économie par l’Etat sera de plus en plus importante et le financement des mesures par la banque centrale apparaitra alors sans limites.
Le financement sans contrainte et de plus en plus important face à une économie qui n’a plus les ressources et les capacités à investir efficacement pour se renouveler a toute les chances de s’ajuster via une inflation très élevée. Plus aucun agent économique n’aura alors le sentiment qu’en raison de la politique à l’œuvre, un retour à un équilibre cohérent avec celui qui prévalait avant la crise est possible. Toutes les options sont alors possibles et celle de l’hyperinflation apparaît comme la plus crédible compte tenu de la politique économique qui, in fine et contrairement aux engagements crédibles du début de la crise sanitaire, ne permet pas les ajustements macroéconomiques tout en s’enferrant dans une fuite en avant monétaire.

Les enquêtes pour le mois de mars – Eléments essentiels de la semaine

Par Philippe Waechter

Semaine dominée par la publication des enquêtes auprès des entreprises: Markit (estimation avancée), IFO, INSEE, Istat mais aussi auprès des ménages (Europe, France, Italie, USA). Premières mesures du choc épidémique dans les pays développés. Fort repli attendu

Pour la conjoncture mondiale, cette semaine est celle de tous les dangers. Les entreprises vont livrer leur perception de l’activité au mois de mars, indiquant très certainement une rupture à la baisse de l’activité.
On sait jusqu’à présent que le chiffre chinois du mois de février avait été le plus médiocre de l’histoire récente chinoise, au delà même du niveau enregistré lors de la grande récession (voir Effondrement de l’activité en Chine. La récession globale est elle au coin de la rue ?). Et que ce repli de l’activité au pays de l’Empire du milieu s’était traduit dans tous les pays du monde, Chine compris, par de très longs délais dans la livraison. Les usines chinoises produisant moins, les usines situés dans les autres pays ont été pénalisées par ces produits qui n’arrivaient pas. L’indicateur des délais des fournisseurs était en rupture partout. Les entreprises avaient puisé dans leurs stocks pour assurer un bon niveau de production. Au mois de mars, la situation ne sera pas redressée en Chine, l’effet des longs délais va se faire sentir et de nombreux pays occidentaux sont désormais en confinement i.e. avec d’importantes baisses de production.
Dès lors, les indices Markit qui seront publiés mardi (Japon, Zone Euro, France, Allemagne, Royaume Uni et USA) vont plonger.

La zone rouge sur le graphique devrait être celle dans laquelle les indices seront publiés. C’est une zone cohérente avec les chiffres observés au moment du choc Lehman. Pour rappel les points bas, dans le secteur manufacturier, étaient de 31.5 aux USA (janvier 09), 29.6 au Japon (Janvier), 33.9 en zone Euro (Décembre 2008), 32.7 en Allemagne (Décembre), 34.9 en France (Décembre) et 34.5 au Royaume Uni (Février 2009).
Un tel choc est cohérent avec ce qui a été observé en Chine sur l’indice Caixin pour Markit. L’indice était de 40.3 en février contre 40.9 en novembre 2009. Le choc pourrait être plus fort si l’on se réfère à l’indice PMI officiel qui était à 35.7 en février de cette année et de 38.8 en novembre 2009.

Le choc va être violent dans le secteur manufacturier mais il ne sera pas compensé dans le secteur des services. De nombreuses composantes des services ont été pénalisées en mars, notamment le transport aérien ou le commerce.

Les indices avancés de l’enquête Markit seront publiés Mardi 24 mars.
D’autres enquêtes majeures seront publiés en attendant celle de l’ISM du secteur manufacturier aux USA le 1er avril (les enquêtes de la Fed de New York et de celle de Philadelphie pour mars sont très dégradées).

L’IFO en Allemagne sera publié le 25 mars. Si son allure est cohérente avec celle du ZEW, le repli devrait être de grande ampleur, probablement de l’ordre de 10 points pour l’indice synthétique.


Le climat des affaires en France sera publié le 26 mars. Cet indicateur et ses composantes qui se tiennent nettement au dessus de leur moyenne de long terme depuis la mi-2016 devraient plonger nettement en dessous de celle ci.
Le 27 mars, les indices de confiance des entreprises (Istat), pour mars en Italie, seront publiés. Ce sera après presque un mois de confinement. On disposera ainsi d’une image grandeur nature de l’effet de celui ci dans un pays européen.
On aura le même jour la confiance des consommateurs italiens. Pour les mêmes raisons ce sera fascinant.
Du côté des consommateurs, l’indice de confiance des consommateurs européens sera publié le 23 mars et celui de la France le sera le 27. Celui ci sera très certainement nettement en dessous de sa moyenne de long terme. L’indice final de confiance des ménages de l’université du Michigan sera aussi publié le 27 mars.

On aura ainsi une vision plus directe des conséquences de l’épidémie et du confinement sur la conjoncture économique.
Les autres chiffres (Consommation aux USA pour février, ventes de détail de février au Royaume Uni, les commandes de biens durables aux USA, ou encore le CFNAI aux US pour février (mon indice conjoncturel préféré) représenteront un passé qui n’existe plus.

L’épidémie et le pari des politiques économiques

Par Philippe Waechter

La crise épidémique est associée à une crise sanitaire de grande ampleur dont les conséquences, sans intervention des Etats, seraient catastrophiques. Le rôle des Etats est d’en limiter l’ampleur et d’en dissiper le coût dans la durée.
En Chine, en Europe et désormais en Californie, le confinement est l’arme adoptée par les autorités afin d’éviter une contagion du virus. Le coût associé est néanmoins très élevé car il se traduit par l’arrêt de l’activité dans de nombreux secteurs. La croissance reculera fortement dans de très nombreux pays.
Les politiques économiques ont donc pour objectif de passer cette période difficile sans détruire les fondements des économies.
La question majeure néanmoins reste celle de la durée de la crise. Sera-t-elle suffisamment courte pour que les dommages soient limités et que l’économie puisse retrouver rapidement ses repères ? Ou sera-t-elle plus longue au risque de fragiliser la capacité de l’économie à repartir de l’avant ?

Dans une économie globalisée, lorsque la plus importante de ses composantes est en difficulté les effets de contagion sont forts et durables.
La Chine a déclaré le coronavirus le 14 décembre et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est alertée le 31 décembre sur des cas à Wuhan. L’économie chinoise est la plus dynamique sur le plan industriel et c’est le plus grand exportateur mondial. Dès lors, lorsque les autorités chinoises déclarent la quarantaine le 23 janvier et une quarantaine plus stricte le 17 février, l’économie s’arrête. En témoigne, la production industrielle du mois de février qui est en repli sur un an de -13.5% (elle progressait de 6.9% en décembre 2019). Comme c’est l’économie qui s’est développée le plus rapidement sur le plan industriel depuis une vingtaine d’années, tous les process de production dans le monde ou presque ont une composante chinoise. L’impact est direct.

L’arrêt de l’activité là-bas est un terrible coup de frein pour ses exportations et l’activité mondiale. On observe dans les enquêtes Markit de février que les délais fournisseurs se sont allongées terriblement partout dans le monde y compris en Chine. Les produits fabriqués en Chine n’arrivent plus sur les chaines de production dans le reste du monde. Les constructeurs d’automobiles, d’appareils électroniques, d’avion ou d’autres productions manufacturières sont directement pénalisés. Ils ont puisé dans leurs stocks en février mais cette opération ne pourra se renouveler selon la même échelle en mars et la production baissera partout.

Aujourd’hui, même si le nombre de cas ne progresse plus en Chine, l’activité n’est pas encore franchement repartie. L’offre chinoise ne va pas retrouver spontanément son niveau d’avant épidémie. A Wuhan et dans la région de Hubei, les précautions sont toujours à l’ordre du jour et l’attention reste forte pour ne pas réenclencher le désastre. Les autres régions moins touchées n’ont pas les mêmes contraintes et peuvent retrouver une allure de croissance un peu plus rapidement.

L’effet de contagion est plutôt limité dans les pays asiatiques. Hong Kong, la Corée du sud, le Japon ou encore Taïwan contrôlent rapidement les risques épidémiques et la contagion est limitée et ne suit pas, dans chacun de ces pays, le profil chinois. Mais l’impact économique sera malgré tout important compte tenu de la dépendance au voisin chinois.

L’activité ralentit déjà en Europe et aux USA

En Europe et aux USA, la situation est différente. L’épidémie s’est installée depuis la mi-février en Italie avec un confinement total depuis le 9 mars et s’accélère aux USA avec l’état d’urgence déclarée par Donald Trump le 13 mars. Le gouverneur de la Californie vient juste de déclarer le confinement de l’état de l’ouest américain qui est la 5ème puissance économique au monde devant la France et le Royaume Uni.

Contrairement aux pays asiatiques, les contaminations dans les pays développés, hors Japon, suivent avec retard celle observée en Chine puis celle de l’Italie. Avec un retard de 5 à 15 jours, la France, l’Espagne, l’Allemagne, les USA et le Royaume Uni suivent l’allure de l’Italie. Et cette courbe italienne ne s’est pas encore infléchie. Il existe donc une inertie importante et un déterminisme fort au sein des pays occidentaux. Tous sont touchés sans franchement de discrimination.

Ils subissent une triple contrainte sur leur activité.

1 – Il y a déjà les effets liés à l’arrêt du secteur manufacturier chinois. L’activité faiblit et les mesures de confinement accentuent ce phénomène. Les salariés ne peuvent plus se rendre sur leur lieu de travail, provoquant une rupture de l’activité. A très court terme, le capital machine ne peut pas se substituer aux salariés manquants. Ce ralentissement est un frein majeur au commerce mondial qui ralentit brutalement depuis le début de l’année.

2 – Il y a une deuxième source de fragilité qui est l’arrêt des échanges, que ce soient des échanges de biens, les prix du fret maritime s’est effondré depuis le début de l’année, ou que ce soit dans le transport de personnes, plus personne ne souhaite se rendre en Asie ou ne vient d’Asie. Ces secteurs des transports sont dans une situation très difficile et parfois catastrophique pour les compagnies aériennes. La contrainte est de ne pas déplacer le virus. Cela a une traduction immédiate sur le tourisme et les activités qui s’y rattachent (restauration, hôtellerie, loisirs). En Espagne, le tourisme représente 11% du PIB et son effondrement est une préoccupation majeure de la conjoncture ibérique.

3 – Le troisième facteur est celui du confinement avec fermeture des écoles. De manière directe, les hommes qui entrent dans la fabrication d’un produit, au côté des machines, ne sont plus là (ils gardent leurs enfants), poussant la production à la baisse. Le confinement est étendu au-delà de la fermeture des écoles car les boutiques sont fermées et les personnes qui ne travaillent pas ont l’obligation de rester chez eux. Les restaurants et les bars, déjà fragilisés par le recul du tourisme, sont fermés, les manifestations culturelles ou sportives de plus de 50/100 personnes sont interdites. La consommation sociale (dépenses dans tous les lieux de la sociabilisation) s’effondre. La dynamique interne n’a plus le rôle moteur qui est le sien dans la croissance. Les dépenses des ménages se limitent aux dépenses contraintes (loyer, téléphone, internet, électricité, …) et à la consommation alimentaire. Le reste est remis à plus tard. D’abord parce que les enseignes sont fermées mais aussi parce qu’en raison de l’incertitude les ménages repoussent leurs achats.

La demande qui, généralement est conditionnée par la dynamique des exportations et la robustesse de la demande interne, suit désormais une trajectoire plus basse et n’est plus un franc soutien à la croissance.

Le processus sera plus long qu’attendu

L’impact du repli de l’activité en Chine se propage dans le monde et s’amplifie quand il arrive en Europe et aux USA. Le ralentissement est accentué par les mesures prises par les autorités, notamment celles portant sur le confinement. Il y a donc un double choc sur l’activité, externe et interne.

Cette situation se couple d’une grande désorganisation puisque les pays, tous bien plus intégrés qu’au moment du SRAS en 2002, sont touchés à des moments différents. Chaque économie est contrainte par la dynamique globale et par son propre cycle économique.

Même si la situation venait à s’éclaircir et les incertitudes à s’atténuer, le retour à la normale serait long pour chaque pays et la coordination globale provoquée par la globalisation de l’activité serait encore plus longue à mettre en œuvre.

Ce le sera d’autant plus qu’il n’existe pas de coordination des politiques économiques à l’échelle internationale. De ce point de vue, la dynamique globale est beaucoup moins homogène qu’en 2009 après le choc Lehman. Il est difficile d’imaginer et d’anticiper un G20 équivalent de celui de Londres en 2009 durant lequel d’importantes décisions collectives avaient été prises pour favoriser le retour de la croissance.

L’ampleur du choc reste néanmoins conditionnée par la longueur du confinement. Chacun a envie de faire l’hypothèse que cette période de quarantaine sera limitée et qu’elle pourra être levée bien avant l’été. C’est implicitement l’hypothèse dans les mesures de politique économique prises.  Cependant, si la question sanitaire ne trouve pas de solution dans les prochaines semaines, le coût de la crise s’allongera.

Actuellement il est fait généralement l’hypothèse que le confinement pourrait s’achever à la fin avril en France. Pourtant, les modèles sur les épidémies suggèrent que la période de confinement pourrait être plus long, tant qu’il n’y aura pas de vaccin ou d’immunité collective. Ces modèles indiquent que le nombre de contaminés pourrait se stabiliser tant que le confinement est effectif. L’arrêt du confinement se traduirait par une reprise à la hausse du nombre de contaminés.

C’est la difficulté de cette période marquée par une forte incertitude sur le moment où la situation pourra enfin s’améliorer dans la durée. Tant que la fin de l’épidémie ne sera pas connue avec certitude, des mesures contraignantes resteront à l’œuvre. L’économie ne retrouvera pas une allure normale avant un bon moment.

La crise sera sévère et l’activité se contractera

Les ruptures observées dans les systèmes productifs rendent difficiles les estimations sur la trajectoire de l’économie. Il y a plusieurs éléments à prendre en compte.

Le premier est que les chiffres d’activité du premier trimestre sont rapidement révisés à la baisse. On a vu pour la France la révision de la croissance à 0.1% contre 0.3% précédemment pour la Banque de France. Le chiffre pourrait être plus faible au voisinage de 0% car c’est le mois de mars qui a été le plus affecté. L’interrogation majeure porte sur le 2ème trimestre. Les estimations sont dégradées partout puisque les usines se sont arrêtées (Renault, Peugeot et d’autres) et que les avions restent sur le tarmac. Le chiffre chinois sur la production industrielle de février doit permettre de caler les attentes. On doit s’attendre à des replis de l’ordre de -2 à -10% en rythme annualisé au cours des 3 mois du printemps. Ce n’est pas précis mais on ne dispose pas encore d’information pertinente.

Les seuls éléments disponibles sont le repli très profond de l’enquête ZEW en Allemagne et des enquêtes de la Fed de New York et de celle de Philadelphie.

Le choc brutal d’une épidémie a été estimé à partir de modèles et ils suggèrent que sur l’ensemble de l’année, l’impact pourrait être une contraction du PIB entre 2 et 6% selon les hypothèses faites sur le confinement et sur les comportements de demande.

Si l’épidémie touche la population mais qu’elle ne nécessite pas de confinement, alors le repli de l’activité pourrait être de 1 à 2% sur une année entière. Des personnes ne peuvent pas travailler et la fonction de production de l’économie est perturbée dans la durée. Un trimestre de repli, même sévère, pourrait ensuite être compensé par un ajustement progressif.

Si l’hypothèse de confinement est retenue et que les écoles sont fermées quelques semaines, alors la fonction de production de l’économie est perturbée dans la durée. Le repli de l’activité pourrait être de 3 à 4% et cela pourrait être allongé en fonction de la durée du confinement.

La fin du confinement sera suivie d’une phase d’amélioration de l’activité. La question est celle de l’allure de la demande qui y sera associée. Au regard de l’incertitude provoquée par la crise, la demande ne progresse pas aussi vite qu’attendue et limite l’ampleur du rebond.

L’économie de la zone Euro, compte tenu du confinement de la France, de l’Italie et de l’Espagne sera en récession en 2020, probablement autour de 2%. Les Etats-Unis aussi seront en récession. La Californie à l’arrêt avec le confinement va peser très lourd dans la dynamique conjoncturelle américaine. Je fais l’hypothèse d’un chiffre autour de 2% également.  

Face à une contraction temporaire de l’activité économique, les politiques économiques doivent limiter les risques sur le système économique. Comme le système de production est à l’arrêt, il ne peut être question de relancer la demande par des dépenses supplémentaires. L’objectif de la politique économique est de maintenir en ordre de marche l’appareil productif.

Des politiques budgétaires très accommodantes
pour passer le cap

En zone Euro mais aussi au Danemark, la politique économique des gouvernements est de tout faire pour passer le “trou d’air” de la façon la moins périlleuse possible. En effet, dans une situation d’arrêt de l’activité, l’ensemble du système productif est à risque. Il ne faudrait pas qu’en raison de cette situation particulière, les entreprises fassent faillites ce qui pénaliserait l’économie dans la durée et l’empêcherait de repartir rapidement à la fin de l’épidémie.

Les mesures typiques dans ce type de situation sont celles prises en France avec le report de paiement des charges et des impôts, la garantie des prêts de trésorerie aux entreprises et la prise en charge par l’Etat du chômage partiel. Les premiers éléments ont pour objectif de limiter les déséquilibres au sein des entreprises afin qu’elles ne soient pas immédiatement pénalisées alors que le chiffre d’affaire s’effondre. On doit permettre aux entreprises de retenir leur souffle le temps de cette passe difficile. La prise en charge par l’Etat du chômage partiel permettra aux entreprises de conserver leurs emplois sans être obligées de licencier. En cas de reprise, les compagnies auraient alors la capacité de repartir immédiatement sans avoir à mettre en œuvre un processus coûteux d’embauche. C’est la solution qui avait été adoptée en Allemagne en 2009 pour 1.5 millions de salariés et cela avait été efficace.

L’Allemagne n’a pas exactement la même stratégie. Il n’y a pas eu de confinement mais l’économie est très affectée et le gouvernement est prêt à soutenir l’activité et les entreprises même si cela se traduit par un renoncement temporaire aux exigences budgétaires habituelles.

La relance aux Etats-Unis risque de manquer d’efficacité en raison du type de la crise qui se caractérise par une contrainte forte sur l’offre. Distribuer du pouvoir d’achat n’est pas très efficace surtout si la Californie n’est pas le seul état américain à adopter une stratégie de confinement. Des mesures en passe d’être adoptées par le Congrès permettraient de lisser la situation des entreprises mais sans que celles-ci aient une dimension proche de celles prises par les Européens.

La conséquence immédiate de cet environnement est une hausse spectaculaire des déficits publics. Au regard des attentes sur le profil de l’activité et en raison des engagements de dépenses des gouvernements, ceux-ci vont aller probablement au-delà de 5% du PIB. Les dettes publiques vont croître très rapidement.

Des politiques monétaires qui prennent
en charge le coût de l’ajustement

Les politiques monétaires vont avoir un rôle essentiel en complément de ce qui est mis en œuvre par les Etats. Elles ont toutes adopté des stratégies similaires visant à limiter les coûts pour faciliter le passage de la période de transition.

La première mesure est de réduire le coût des financements. La Fed a ainsi effondré son taux de référence dans le range [0%; 0.25%], la Banque d’Angleterre a ramené son taux d’intervention à 0.1% alors qu’en Zone Euro les taux étaient déjà très bas (cela n’a pas empêché les autorités monétaires de la zone Euro d’abaisser le coût des opérations bancaires vis-à-vis des entreprises).

Le deuxième type de mesure est la réactivation ou l’accentuation des opérations d’achats d’actifs. La Fed a ainsi indiqué qu’elle achèterait 500 milliards de T Bonds et 200 Mds de titrisation, la Banque d’Angleterre relance son QE pour un montant de 200 Mds de sterling et la Banque du Japon aussi accentue ses achats. Le plus intéressant est ce qui se passe en zone Euro. La BCE a indiqué le 12 mars accroître son QE de 120 Mds jusqu’à la fin 2020 (en plus des 20 Mds mensuels et du réinvestissement des revenus de son portefeuille). Le 18 mars, elle a décidé d’urgence de la création d’un nouveau programme (PEPP) de 750 Mds sur des actifs qui sont ceux du quantitative easing.

L’opération de la BCE traduit la volonté de la banque centrale de se mettre en face des gouvernements qui vont émettre des montants considérables de dette publique. Cela permettra le maintien de taux d’intérêt bas pour l’ensemble de la zone Euro.

Le montant des opérations mises en œuvre par la BCE sera de l’ordre de 1000 Mds pour 2020. La banque centrale se substitue au marché sur la dette publique. Cela peut être un facteur de stabilisation du marché des actifs risqués en poussant les investisseurs vers ces actifs.

Conclusion

La crise épidémique est associée à une crise sanitaire de grande ampleur dont les conséquences, sans intervention des Etats, seraient catastrophiques. Le rôle des Etats est d’en limiter l’ampleur et d’en dissiper le coût dans la durée.
En Chine, en Europe et désormais en Californie, le confinement est l’arme adoptée par les autorités afin d’éviter une contagion du virus. Le coût associé est néanmoins très élevé car il se traduit par l’arrêt de l’activité dans de nombreux secteurs. La croissance reculera fortement dans de très nombreux pays.
Les politiques économiques ont donc pour objectif de passer cette période difficile sans détruire les fondements des économies.
La question majeure néanmoins reste celle de la durée de la crise. Sera-t-elle suffisamment courte pour que les dommages soient limités et que l’économie puisse retrouver rapidement ses repères ? Ou sera-t-elle plus longue au risque de fragiliser la capacité de l’économie à repartir de l’avant ?

Le document en format pdf est disponible

Assurance-vie: profitez vite de ces 2 fonds en Euros stars du marché, ils n’accepteront bientôt plus de versements

Par Benjamin CLAVEL

Avec un rendement moyen à 1,4 % au titre de l’année 2019, les fonds en Euros des contrats d’assurance-vie demeurent les placements à capital garanti les plus attractifs qui existent. Néanmoins les écarts de performance sont très importants d’un assureur à l’autre, et même parfois au sein d’une même compagnie d’assurance. Et si certains on rapport nettement moins que cette moyenne de 1,4 %, il a été aussi possible de gagner bien plus (parfois jusqu’au double !). Malheureusement certain de ces fonds en Euros ultra-performants sont en passe d’être fermés aux nouveaux versements. Pourquoi donc me direz-vous ? Et bien parce que leur composition atypique représente un coût très important en fonds propres par l’assureur, en accord avec la réglementation Solvabilité 2. Ils doivent donc limiter leur taille car leurs fonds propres ne sont pas illimités. Je vous présente donc dans cet article 2 des fonds en Euros les plus performants de ces dernières années, qui vont prochainement être fermés aux nouveaux versements. Si vous envisagez un placement en assurance-vie, il reste donc peu de temps pour en profiter.

 

Quels sont ces fonds en Euros stars qui vont fermer ?

Nom du fonds Euro Euro Allocation Long Terme 2 Sécurité Pierre Euro
Nom du contrat d’assurance-vie Netlife SéréniPierre
Assureur Spirica (Groupe Crédit Agricole) Suravenir (Groupe Crédit Mutuel Arkéa)
Performance 2019 (1) 2,40 % net en 2019 2,80 % net en 2019
Accessibilité (2) Plafonné à 25 000 € maximum par contrat et 50 % de chaque versement. Le solde devant contenir un minimum de 25 % de supports Unités de Compte (possible donc de monter à 75 % de fonds en Euros à capital garanti en complétant avec l’actif général de Spirica) Plafonné à 35 % de chaque versement. Le solde devant contenir un minimum de 50 % de supports Unités de Compte (possible donc de monter à 50 % de fonds en Euros à capital garanti en complétant avec l’actif général de Suravenir)
Frais (3) Sur versement : 0 %
De gestion : 0,70 %/an sur les Unités de Compte et sur Euro Allocation Long Terme 2
Sur versement : négociés au plus bas (nous contacter)
De gestion : 0,95 % /an sur les Unités de Compte / 0,8 % / an sur Sécurité Pierre Euro
Supports Unités de Compte (2) + de 450 SICAV/FCP
25 supports immobiliers (SCPI / OPCI / SCI)
24 ETF/Trackers
+ de 110 titres vifs
+ de 200 SICAV/FCP
9 supports immobiliers (SCPI / OPCI / SCI)
Date de fermeture aux versements Juillet 2020 Courant 2020
Pour en savoir plus + d’infos + d’infos

Vous l’avez compris, il reste peu de temps pour investir sur ces fonds en Euros stars du marché, alors ne traînez pas !

 

 

(1) Taux net de frais de gestion et brut de fiscalité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

(2) Les supports Unités de Compte présentent un risque de perte en capital, seuls les fonds en Euros comportent une garantie.

(3) Pour le détail des frais consultez les conditions générales.

 

L’article Assurance-vie: profitez vite de ces 2 fonds en Euros stars du marché, ils n’accepteront bientôt plus de versements est apparu en premier sur TousLesPlacements.com.

❌