Toute l'actualite de la finance et de la gestion du patrimoine en France

❌
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierLe Blog de Philippe Waechter

Allemagne et France – Des dynamiques non comparables

Par Philippe WAECHTER

L’Allemagne et la France ont des allures très différentes depuis le début de l’année. L’économie française résiste bien même si ses performances ne sont pas exceptionnelles alors que le signal en provenance d’Allemagne est plutôt celui d’un risque de récession. Je vous propose quelques repères pour jauger les deux économies dans le cycle actuel.

En Allemagne l’activité s’est contractée au deuxième trimestre. Le repli est modeste à -0.08% soit -0.3% en taux annualisé. On ne peut pas encore parler de récession sauf dans le secteur manufacturier comme je le signalais ici. Cependant, l’allure du ZEW suggère que l’économie outre-Rhin s’est encore affaiblie durant les mois d’été (voir ici) et le chiffre d’activité du 3ème trimestre pourrait être plus en retrait que celui du printemps. En France la progression de l’activité a été de 0.24% soit 1% en taux annualisé au cours du printemps.
L’acquis pour 2019 à la fin du 2ème trimestre n’est que de 0.5% à comparer avec 1% en France et en zone Euro. C’est un écart considérable entre l’Allemagne et ses partenaires et cette différence de croissance pourrait se prolonger dans les prochains mois compte tenu du ralentissement plus fort qu’ailleurs constaté outre-Rhin notamment dans les enquêtes.
Pour comprendre, comparons les situations française et allemande. Une façon de le faire est de regarder les contributions cumulées à la croissance du PIB de la demande interne privée, de la demande publique et de la demande extérieure. (le graphe débute en 1999 lors de la mise en place de la zone Euro).

Le premier graphe présente la situation allemande.
Le PIB est en violet et son niveau passe de 100 au premier trimestre 1999 à un peu plus de 130 au deuxième trimestre 2019. Chacune des trois autres courbes est la contribution de chacun des postes à la croissance du PIB. Les contributions sont cumulées et expliquent, une fois sommées, l’allure du PIB. Cela permet ainsi d’avoir, dans la durée, l’influence de la demande privée, des dépenses de l’Etat et du commerce extérieur. (Les stocks s’annulent dans la durée)
Pendant très longtemps, la demande externe (pointillés bleus) a été la principale contribution à la croissance. C’est notamment le cas dès le début de la mise en place de la zone Euro. La contraction de la demande interne (en gris clair) avait alors permis à l’Allemagne de dégager des soldes commerciaux bilatéraux très excédentaires (voir en annexe le cas de la balance franco-allemande). C’était la période des réformes structurelles sur le marché du travail et une volonté également de maintenir la demande domestique à un niveau réduit puisque à l’époque la demande publique, elle aussi, évolue peu.
Jusqu’en 2015, la demande externe est restée la principale contribution à la croissance. Son impact moindre désormais reste très significatif. La demande privée a pris le relais notamment via l’investissement.
La dépendance au commerce extérieur reste très forte. La net ralentissement des échanges mondiaux affecte alors directement la conjoncture allemande.

La configuration française est très différente.Le PIB est toujours en violet et est un peu au delà de 130 au deuxième trimestre 2019.
La demande privée, via la consommation est un contributeur majeur à la croissance du PIB. La contribution du commerce extérieur est plus réduite qu’en Allemagne et est pénalisante pour la croissance. Seulement son impact est de moindre ampleur qu’outre-Rhin. La dépendance de la croissance aux échanges extérieur est plus forte en Allemagne qu’en France.

Dès lors, quand le commerce mondial ralentit, la croissance allemande est immédiatement affectée et de façon plus importante qu’en France. De façon conjoncturelle, le soutien à la demande domestique mis en place par le gouvernement français avec les mesures annoncée en décembre dernier (prime non fiscalisée, hausse de la prime à l’emploi, baisse de la taxe d’habitation) permettent d’alimenter la demande privée et de soutenir la croissance du PIB.
Il en résulte que la morcellisation du monde et le moindre dynamisme probable du commerce mondial après les mesures protectionnistes ne sont pas de bonnes nouvelles pour l’Allemagne car elle s’accompagne d’un ralentissement des échanges et donc d’une réduction des impulsions externes dont bénéficie l’Allemagne. L’économie française est moins soumise à ce facteur.
Cela pourrait se traduire par une réorientation vers l’Europe de l’activité allemande. Et ce ne serait pas nécessairement une mauvaise nouvelle.

Annexe
Le graphe représente la demande interne relative de la France et de l’Allemagne ainsi que le solde commercial bilatéral entre les deux pays.
Au début de la zone Euro, au moment des réformes structurelles allemandes, la demande interne outre-Rhin s’effondre relativement à celle de la France. Cela se traduit par un déficit commercial français vis à vis de l’Allemagne. Doper la demande interne allemande pourrait permettre un rééquilibrage de la zone Euro sachant que des graphes assez similaires sont observables aussi entre l’Allemagne et l’Italie et l’Allemagne et l’Espagne.
La politique économique national a toujours un impact fort sur la dynamique de chaque pays et donc de l’ensemble de la zone Euro.

Hong Kong – Quelques réflexions

Par Philippe WAECHTER

Les manifestations observées à Hong Kong (HK) opposent les habitants de ce territoire rattaché à la Chine le 1er juillet 1997 et le gouvernement chinois. Elles sont massives. Le 18 août, 1.7 millions de personnes manifestaient soit 25% de la population.

L’enjeu est l’évolution politique du territoire de Hong Kong après l’adoption d’un amendement de la loi d’extradition par le gouvernement de Hong Kong. Ce qui est mis en cause est la perception, par les Hongkongais, de l’emprise que pourrait avoir sur le système juridique de HK au risque de réduire son indépendance vis à vis de Pékin. La particularité de HK pourrait ainsi être en partie gommée (1 pays, 2 systèmes depuis les accords de 1997) avec associé à cela un risque sur la sécurité personnelle pour chaque habitant de HK.
Carrie Lam, la cheffe du gouvernement de HK, a déclaré, le 8 juillet, que l’amendement était mort (The bill is dead) mais cela n’a pas calmé les manifestants qui souhaitent sa démission. C’est elle qui a lancé l’amendement et n’est pas élue démocratiquement puisque la chambre qui l’a ninvestie est de 1200 personnes principalement nommées par Pékin. Cette nomination aurait dû résulter d’un vote au suffrage universel. Mais, depuis 2014 et le mouvement des parapluies, Pékin a changé vis à vis de HK. Le gouvernement chinois ne semble plus vouloir accepter les accords initiaux sur la démocratie.
Cette critique de l’évolution politique de HK tient aussi au fait que le gouvernement chinois intervient dans les élections législatives, invalidant un candidat ou un autre.
La Chine s’oppose très fermement à cette agitation sociale. Les troupes chinoises sont aux frontières de HK et manœuvrent sans pour autant intervenir.

Pour comprendre ce qui se passe et la réaction forte du gouvernement de Pékin il faut revenir en arrière.
En 1997 lors de la rétrocession de HK à la Chine par les britanniques, il était écrit qu’il y aurait un pays mais deux systèmes. HK resterait soumise aux lois du marché et la Chine resterait socialiste. La Chine s’occuperait de la défense et des affaires étrangères mais HK aurait sa propre constitution marquée par un haut degré d’autonomie par rapport à la Chine avec notamment le maintien des libertés de la presse, de manifester, d’association….
L’accord du 1er juillet 1997 est signé pour 50 ans c’est à dire jusqu’en 2047. A partir de cette date, le système un pays deux systèmes peut se fondre en un pays, un système.

C’est sur ce point que les inquiétudes naissent à HK. L’idée au départ était la convergence des deux systèmes avec l’hypothèse que, la Chine s’enrichissant, son système politique allait faire davantage de chemin vers HK que le contraire. C’est le point défendu notamment par Samuel Pisar, selon lequel un plus grand confort économique se traduirait par l’adoption progressive d’un système politique plus libéral et démocratique.
Les hongkongais constatent, au regard des agissements de Pékin, que ce sont eux qui convergent vers le système politique chinois. Ils craignent d’être progressivement assimilés et de n’être plus qu’une province chinoise comme une autre. La conséquence serait un accès à l’information plus réduite et une capacité à être entendue beaucoup plus limitée qu’actuellement. Ils ont donc beaucoup à perdre.

Le gouvernement de Pékin ne veut pas prendre le risque d’accepter un désordre social et le gouvernement n’hésite pas à réprimer les manifestations qui ont lieu dans les régions. Pour éviter ce type de situation, les autorités chinoises font acte d’un grand activisme dans la politique économique mise en oeuvre. Il ne faut en aucun cas qu’une possible instabilité sociale ne se développe. C’est une des raisons du développement à grande échelle de la surveillance électronique des chinois. La reconnaissance faciale ou l’idée du crédit social sont des moyens de limiter les risques. C’est une forme de dictature digitale pour éviter l’agitation sociale.
Cette nécessité est d’autant plus grande que la croissance ralentit et que la capacité de l’économie chinoise à créer tous les emplois souhaités est discutée.

En d’autres termes, les autorités de Pékin ne souhaitent pas de diffusion des manifestations de HK vers le reste de la Chine qui est affaibli par une croissance plus lente. Cette situation est périlleuse car les populations de Shenzhen ou de Canton suivent l’évolution des rapports entre HK et Pékin. De nombreuses habitants de Shenzhen travaillent à HK, en conséquence il n’y a plus d’étanchéité entre HK et le reste de la Chine.

De nombreuses questions sont posées par ce rapport de force.
Une intervention militaire chinoise à HK fait partie des options possibles. Un tel choix politique se heurterait au risque de créer un lien avec ce qui s’était passé à Tien’anmen au printemps 1989.
Cela nuirait à la Chine dont le développement international a été décuplé par rapport à 1989. Les initiatives chinoises visant à étendre l’influence de la Chine telles que « les nouvelles routes de la soie » (Belt and Road Intitiative) seraient mise à mal par une intervention militaire. En tout cas ce serait un risque élevé à prendre au moment où la Chine tient tête aux USA et propose des capacités technologiques susceptibles de faire basculer l’équilibre du monde vers la Chine (l’affaire Huawei est symbolique de cela puisque cette entreprise a les capacités de renouveler les réseaux de téléphonie mobile et de faire basculer rapidement les pays européens vers la 5G chinoise).
Ce serait donc un risque majeur alors que la Chine veut rivaliser sur le plan économique et politique avec les USA.
En outre, le rabaissement du statut de HK, au rang de région chinoise (ce qui serait le cas s’il y avait intervention), accentuerait la défiance de toutes les capitales du monde vis à vis de Pékin.

Une telle défiance pourrait cependant n’être que de court terme. Les chinois peuvent, en effet, faire l’hypothèse que leur puissance économique et technologique leur assurera le leadership des prochaines années. Dans ce cas, une intervention n’aurait qu’un impact limité dans le temps. Tien’anmen n’a pas empêché la croissance et l’emprise de la Chine sur le monde au cours des trente dernières années.

Le rôle de la Chine dans le monde est en train de se jouer. Elle fait face aux USA dans un rapport de force économique et politique global. L’enjeu est celui du leadership technologique, économique et politique. Washington n’arrive pas à conclure son bras de fer avec Pékin. Les représailles chinoises ont fait reculer D.Trump, la semaine dernière, lorsque celui ci a repoussé au 15 décembre la taxation de produits électroniques grand public.
La Chine est aussi dans la construction de son équilibre interne. Le maintien de HK dans son statut actuel c’est la possibilité d’accéder au reste du monde et à celui-ci d’accéder à la Chine. Ce lien est essentiel même si HK ne représente plus que 3% du PIB chinois contre 20% en 1997.
La Chine redevient peut être la puissance économique qu’elle était avant la révolution industrielle de l’Europe. La façon dont sera réglée les manifestations de HK en dira long sur la façon dont, dans un monde globalisé, ce leadership pourrait s’exercer.

Les chiffres à venir. Semaine du 19 au 25 août

Par Philippe WAECHTER

> Les discussions sur la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ont été le principal facteur de volatilité des marchés financiers la semaine dernière. Cela se poursuivra puisque la Chine est prête pour des représailles.
C’est ainsi que nous devons interpréter les récents changements apportés aux mesures de la Maison Blanche. D.Trump a reporté les nouveaux tarifs au 15 décembre. On disait que cela atténuait les cadeaux de Noël, mais c’était plus probablement les conséquences des discussions qui ont eu lieu entre les deux pays.
Après le 15 décembre, 96,8% des exportations chinoises vers les États-Unis seront soumises à des droits de douane spécifiques. C’est un changement terrible par rapport aux 5,3% observés en 2013. La situation entre les deux pays et l’annonce par la Chine de représailles sont une source de préoccupation qui explique les taux d’intérêt de plus en plus bas. Le risque est de plonger dans une récession mondiale.
Après le débat sur le commerce, le taux d’intérêt ont chuté et la question est d’anticiper le niveau, en territoire négatif, vers lequel ils pourront converger dans la zone euro.

> L’impact de cette guerre commerciale est déjà perceptible dans les chiffres d’exportation du Japon. En termes réels, les exportations ont déjà diminué de plus de 2% en glissement annuel. Le chiffre de juillet (19 août) confirmera probablement cette tendance impliquant de nouveaux risques pour la croissance japonaise.

> Les indices Markit du mois d’août seront publiés le 22 août sous forme d’estimations rapides pour le Japon, la Zone euro, l’Allemagne, la France et les États-Unis. Nous examinerons attentivement le secteur manufacturier où l’indice mondial (qui ne sera pas publié jeudi prochain) se trouve déjà dans la zone de contraction et où tous les indices des grands pays développés sont proches ou inférieurs au seuil des 50.

> Au Royaume-Uni, l’enquête CBI sur les nouvelles commandes pourrait confirmer le risque d’une profonde récession (20 août). La chute récente de cet indice est déjà impressionnante, les stocks accumulés pour le Brexit limitant la possibilité d’une demande supplémentaire.

> Le dernier point à examiner sera le marché immobilier américain. Le chiffre des ventes de maisons existantes sera publié le 21 août. Cette donnée est importante car elle provoque un effet de richesse pour les ménages américains. Les chiffres récents ne montrent aucune amélioration, même avec des taux hypothécaires plus bas. Les ventes de maisons neuves seront publiées le 23 août.

> 19 août Publication finale de l’inflation pour juillet dans la zone euro. 21 août, confiance des consommateurs allemands pour août et inflation pour le Japon le 23 août.

Le document complet en anglais est disponible ici
NextWeek-August19-August-25-2019

La récession allemande s’installe

Par Philippe WAECHTER

Le risque de récession s’accroît en Allemagne. Les chiffres de la production industrielle (-7.5% en T2 en taux annualisé (voir ici)) fixait le contexte pour le chiffre du PIB qui sera publié demain matin. L’indice de l’enquête ZEW du mois d’août suggère que le repli de l’activité se prolongera

Dette publique, climat et mes petits enfants

Par Philippe WAECHTER

J’attends avec impatience le jour où mes petits enfants me demanderont “Pourquoi n’avez vous pas investi lorsque les taux d’intérêt étaient négatifs? Cela aurait pu limiter le réchauffement climatique alors que l’on brûle aujourd’hui.”

Je dirai alors “Des gens très intelligents trouvaient que la dette publique était trop importante et que les taux négatifs étaient une opportunité pour la réduire” et eux de me répondre “n’est ce pas un manque de clairvoyance ?”

Le défi du climat sur les générations futures est plus important qu’une vision comptable de la dette publique. On craint de laisser une dette trop élevée pour ne pas hypothéquer leur avenir mais c’est en ne profitant pas des opportunités actuelles que l’on hypothèque leur avenir.

Les chiffres à venir. Semaine du 12 au 18 août

Par Philippe WAECHTER

=> La récente volatilité des marchés financiers, vue à travers la baisse des taux d’intérêt, est la conséquence des attentes pessimistes concernant la croissance mondiale après les annonces de la Maison-Blanche.
La semaine prochaine, des données sur les ventes au détail seront disponibles aux États-Unis (15), en Chine (14) et au Royaume-Uni (15). Ces données montreront la robustesse de la demande intérieure. Si ces données sont solides aux États-Unis et en Chine, l’arbitrage financier récent pourrait être modifié en faveur d’actifs risqués

=> La croissance du PIB en Allemagne sera, dans la zone euro, l’indicateur le plus important de la semaine (14). L’indice de la production industrielle a fortement chuté au deuxième trimestre (-7,5% en rythme annuel), ce qui est cohérent avec une croissance négative (probablement plus que le consensus à -0,1%).
L’enquête ZEW du 13 août mettra en évidence la durée de cette baisse

=> Les chiffres de l’emploi dans la zone euro et les détails du PIB seront publiés le 14 août. Les chiffres de l’emploi seront importants car le taux de chômage est bas maintenant (7,5% en juin) et la dynamique économique est plus faible.

Le document complet est disponible en anglais
NextWeek-August12-August18_2019

Interview sur BFM Business – Croissance et marchés

Par Philippe WAECHTER

La croissance française mais aussi les évolutions macroéconomiques et le niveau des taux d’intérêt. Avec Karine Vergniol

Récession Allemande

Par Philippe WAECHTER

La production allemande se replie de -1.8% en juin sur un mois (hors construction). Elle a reculé sur 5 des 6 derniers trimestres et en T2 la baisse est de -7.5% en taux annualisé. Le graphe, depuis 2000, ne me rassure pas, l’Allemagne file vers la récession

La récession au coin de la rue ?

Par Philippe WAECHTER

Les investisseurs ne voient pas d’issues aux incertitudes. Ils se précipitent sur les actifs non risqués. La récession au coin de la rue

Par le passé, lorsque tous les taux de marché sur la dette publique US étaient sous le taux des fed funds cela était annonciateur d’une récession. La période actuelle n’échappera pas à la règle. Le repli des taux reflète un fort pessimisme sur les prochain mois et l’absence de paris sur l’avenir.

Quel futur pour la globalisation ?

Par Philippe WAECHTER

TEDx conférence de Richard Baldwin. La globalisation va changer de nature. On échangera toujours des biens mais on échangera principalement des services ce que l’on ne fait pas actuellement. La technologie permettra de dissocier géographiquement les services entre celui qui fait et celui qui reçoit. Le monde devient véritablement global. C’est fascinant.

Cliquer sur l’image

Changement d’allure du marché du travail US

Par Philippe WAECHTER

Le marché du travail américain a franchement changé d’allure depuis 6 mois. Il se stabilise mais ne s’est pas encore retourné. Ce sera pour la deuxième partie de l’année.
Les ménages ont la perception que la situation ne s’améliore plus en tendance et le nombre d’emplois disponibles ne s’améliore plus. Comme la croissance ralentit, le marché du travail va forcément changer d’allure. Cela sera intéressant à quelques mois des élections présidentielles

Retour de Vacances

Par Philippe WAECHTER

En rentrant de vacances, il faut faire le tour des indicateurs pour voir ce qui a changé. C’est ce que je vous propose.
Le document vous présente 14 graphes économiques et financiers qui me paraissent importants pour appréhender l’économie globale.

Retour de Vacances

la Fed réduit son taux

Par Philippe WAECHTER

La Réserve fédérale a baissé son taux de 25 pb à 2,00-2,25%. Les raisons sont un taux d’inflation trop bas et une incertitude globale. C’est une sorte de démarche préventive assez étrange. Habituellement, la banque centrale américaine baisse son taux lorsque l’environnement est déjà morose.

L’une des raisons pour laquelle la Fed n’agit pas de façon préventive est que nous ne connaissons pas l’avenir. Pas plus la Fed que nous. Il y a donc un risque de crédibilité pour la Fed. L’autre risque est associé aux pressions politiques de la Maison Blanche. C’est aussi une source de préoccupation.

Plein emploi en France ?

Par Philippe WAECHTER

Si l’on mesure la dynamique de l’emploi et les tensions sur le marché du travail par le taux d’emploi des 25-54 ans alors la France est plus proche du plein emploi que les Etats-Unis. Surprenant mais traduit assez bien l’idée que le marché du travail français est toujours dominé par les insiders et que l’ajustement s’opère sur les jeunes (moins de 25) et les vieux (55 ans et plus) en cas de choc. (Graphe Paul Krugman)

Croissance française à 0.2% en T2

Par Philippe WAECHTER

La #croissance en #France a été de 0.2% au T2 après 0.3%. L’acquis est de 1%. Avec une hypothèse de 0.2% en T3 et T4 la croissance serait de 1.15% et avec 0.3 % elle serait de 1.23%. Cela reste maigrelet autour de 1.2%. La demande interne restera le principal support.

Les mesures adoptées en décembre vont maintenir la dynamique interne. La bonne surprise est la robustesse de l’investissement des entreprises. C’est important pour l’autonomie de la croissance. La consommation a un peu déçu dans un contexte de prix de l’essence plus élevé.

La croissance autour de 1.2 – 1.3% est sur sa tendance. Ce sera une bonne performance dans un environnement international dégradé.

La BCE ne prévoit rien

Par Philippe WAECHTER

Il y a quelques mois la BCE suggérait une hausse de taux à l’automne 2019. Ce sera finalement une baisse de taux en septembre. Quelle est la capacité à prévoir de la BCE? Très faible, cependant tout le système financier est arc-bouté sur les choix faits par les banques centrales.

C’est cela qui est préoccupant.

BCE baissera ses taux en septembre comme attendu

Par Philippe WAECHTER

La BCE va réduire ses taux d’intérêt en septembre avec probablement un régime différencié du taux de dépôt selon le montant des dépôts . Elle envisage la reprise des achats d’actifs.

L’analyse que je faisais ce matin me parait toujours correcte (voir ici).
J’ajouterai une autre remarque néanmoins. Le risque de récession apparaît faible selon Draghi. Que fera la BCE en cas de récession ? Il faudra à tout prix une politique budgétaire volontariste pour en sortir.Ce n’est pas gagné

La BCE accommodante, ok mais après ?

Par Philippe WAECHTER

Mario Draghi va très probablement annoncer, pour Septembre, des mesures pour une politique monétaire plus accommodante. Une possible baisse de taux et une reprise du QE provoqueraient une accentuation de la répression financière. L’émetteur de dette sera avantagé au détriment de l’épargnant. Cela donnera des marges supplémentaires aux gouvernements de la zone euro puisqu’ils seront encore moins contraints par une quelconque contrainte financière.

Quatre questions

1- Le comportement des ménages sera-t-il affecté ? La ponction sur leur épargne ne sera que progressive via la baisse des rendements obligataires (je pense ici à l’assurance vie par exemple). Ne comptons pas sur une accélération de la consommation. Cela a déjà eu lieu lorsque le taux refi est tombé à 0%.

2- Les taux des emprunts corporate vont rester très bas surtout si le QE intègre des achats de titres d’entreprises. Le risque est d’avoir des structures financières plus fragiles car l’endettement ne s’arrêtera pas.

3- La répression financière favorise l’état qui s’approprie une part supplémentaire de l’épargne. La question est : pour quoi faire ? S’il s’agit de financer des dépenses de fonctionnement alors l’efficacité sera nulle et la mesure monétaire ne fera qu’accroître le malaise. Cela veut dire que les dépenses doivent être des dépenses d’investissement pour imaginer caler la croissance sur une trajectoire plus élevée. Dans ce cas, la politique monétaire aura été efficace. Cela ramène aux discussions d’Olivier Blanchard et Martin Uribe.

4- Ces questions ramènent une fois de plus à la politique budgétaire et à son efficacité. Draghi évoque cette question à chaque conférence de presse. La politique budgétaire de la zone euro n’existera pas faute de soutien et pas seulement des allemands.

Cela veut dire que pour être efficaces les mesures annoncées par la BCE devront refléter une prise de conscience budgétaire forte de tous les pays de la zone. On peut être dubitatifs sauf si l’Allemagne entre en récession. Dans ce cas les cordons de la bourse se relâcheraient

La croissance chinoise en repli à 6.2%

Par Philippe WAECHTER

Le ralentissement de l’économie chinoise est clairement un fait. Comme il a été souvent souligné la croissance de 6.2% sur un an au deuxième trimestre est le chiffre le plus faible depuis 27 ans.

Deux phénomènes à l’œuvre pour expliquer cela.

D’abord le mouvement tendanciel de l’économie chinoise qui passe de l’industrie aux services. Ce basculement est traditionnel lorsqu’une économie croît dans la durée. La hausse des revenus associée à la croissance de l’industrie (forte productivité) provoque une demande de services de santé, d’éducation, de services liés à une économie plus complète et une demande de loisir plus importante. Cette bascule vers les services se traduit par des gains de productivité plus faible et une croissance plus réduite. Ceci est assez ordinaire.

Associé à cela des difficultés liées à l’ajustement d’une économie de très grande taille au sein de laquelle il existe des surcapacites considérables et un endettement très important des entreprises. La politique économique s’évertue à limiter les risques associés à cela.

Il faut éviter les ruptures.

L’autre phénomène est effectivement l’impact des mesures prises par les US qui se traduisent par un fort ralentissement des exportations ce qui pénalise l’économie à court terme.

Le risque est que les mesures Trump perturbent l’ajustement Interne de l’économie chinoise et grippe les mécanismes la dynamique endogène de celle ci. C’est le risque d’autant que le développement dans la durée s’est traduit par un compte courant nettement moins excédentaire et donc des marges de manœuvres plus limitées

Les chiffres à venir. Semaine du 15 au 21 juillet

Par Philippe WAECHTER

> Le chiffre de la croissance du PIB chinois pour le deuxième trimestre (15 juillet). Au cours des trois premiers mois de l’année, la croissance avait été de 6,4%. Elle devrait être plus faible car les données mensuelles sur la production industrielle et les importations montrent une dynamique assez limitée.
> Ventes au détail et production industrielle aux États-Unis (16 juillet). Ils montreront la force de l’économie américaine. Il s’agira d’éléments de référence qui pourraient influencer la stratégie de la Fed. Powell vient de mentionner, cette semaine, qu’il n’y avait pas eu d’amélioration récente de la situation économique en dépit du fort rapport sur le marché du travail.
Associé à ces chiffres, le Beige Book de la Fed (17 juillet) mettra en lumière sa perception de l’économie au niveau régional.
> Les indices NY Fed (15 juillet) et Phylli Fed (18 juillet) sur l’activité économique fourniront également des données sur la vigueur du cycle économique.

> Indice ZEW en Allemagne (16 juillet). Un indice faible après ceux de ces derniers mois pourrait forcer le gouvernement à adopter une politique économique plus proactive.
> Données sur l’emploi au Royaume-Uni (16 juillet) et inflation au Royaume-Uni (17 juillet)
Les chiffres plus faibles de l’emploi sont encore à venir et se manifesteront après cet été avec le fort ralentissement attendu dans le secteur manufacturier.

Le document est disponible ici (en anglais) NextWeek-July15-July21-2019

❌