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À partir d’avant-hierLe Blog de Philippe Waechter

Faut il baisser les taux de la Fed en Juillet ?

Par Philippe WAECHTER

La possibilité d’une baisse des taux d’intérêt de 50 points de base par la Federal Reserve américaine est sur toutes les lèvres. Le graphe des dots publié à l’issue de la réunion du 19 juin indiquait le maintien des taux au niveau actuel en 2019 mais il faisait apparaître que 7 membres suggéraient une baisse de 50 bp en 2019 (la stabilité est calculée sur la médiane des résultats).
Il n’en fallait pas plus pour que les observateurs basculent vers une baisse de même ampleur dès la réunion des 30 et 31 juillet. Les explications avancées sont celles des pressions de Donald Trump sur la banque centrale soit via des menaces relayées sur Twitter soit par les membres nommés par Trump au FOMC.

Une telle interprétation pose plusieurs questions
La première est qu’à la Fed, c’est le président qui a toujours le dernier mot. Les propos récents de Jerome Powell ne donnent pas ce sentiment d’urgence quant à la baisse des taux. Cela implique que la baisse des taux de juillet, si elle avait lieu, serait plus qu’une révolution de palais puisque son président serait mis en minorité.

La deuxième remarque est que les données macroéconomiques ne reflètent pas non plus l’urgence d’un changement de stratégie de la banque centrale.
Pour jauger la situation économique j’ai pris l’indice CFNAI calculé par la Fed de Chicago. Il regroupe 85 indicateurs de l’économie fédérale (de la production industrielle aux ventes de détail en passant par l’emploi et les commandes de biens durables). L’indicateur calculé est centré sur 0. Une valeur au-delà de -0.7 (sur l’indice en moyenne sur 3 mois comme présenté sur le graphe) suggère un risque de récession.

J’ai ensuite mesuré depuis 1985 (début de la grande modération), les changements d’allure de la politique monétaire de la Fed. Le premier graphe montre le taux des fed funds et les points retenus pour marquer l’inflexion vers une politique monétaire accommodante.

Le deuxième graphe montre les dates de changement de la politique monétaire et l’indice CFNAI..
Depuis 1985, les changements de politique monétaire ont lieu lorsque l’indice CFNAI est voisin de -0.7, c’est à dire lorsque le risque de récession se précise. La seule exception est celle de 2007 lorsque la question de la liquidité sur de nombreuses structures financières a été soulevée. Cela est un cas particulier.
Le niveau actuel de l’indice n’est pas cohérent avec un repli des taux de la Fed sauf à imaginer une rupture profonde de tous les indicateurs américains pour les mois de juin et juillet. Ce n’est pas notre scénario.

Cela signifie qu’en l’absence de justification économique ou financière, une baisse des taux de la Fed et une mise en minorité de son président traduiraient d’abord un effondrement de la crédibilité de la banque centrale américaine en raison de sa perte d’indépendance. Comme c’est l’institution financière la plus puissante au monde, il est probable que cela provoquerait des remous considérables sur les marchés financiers. Faut il prendre ce type de risque ? Je ne crois pas.

Juste un coup de froid pour l’Allemagne ?

Par Philippe WAECHTER

At l’Allemagne comment ca va ? Pas très fort ? Est ce juste un coup de froid ou est ce plus grave ? Avec la Maison Blanche qui pense que l’économie mondiale est un jeu à somme nulle cela pourrait aller bien au delà du refroidissement. Celui ci pourrait n’être que le premier symptôme de quelque chose de plus grave

La dynamique d’activité se renforce en France

Par Philippe WAECHTER

Net rebond de l’activité dans le secteur manufacturier en #France contrairement à la zone #Euro et à l’#Allemagne.Serait-ce un effet de la politique économique spécifique à la France (relèvement de la prime d’activité, prime défiscalisée,..) visant à soutenir la demande interne alors qu’un choc externe pénalise l’activité? On ne peut l’exclure

C’est le rôle de la politique économique que de mettre en oeuvre des mesures visant à contrecarrer et amortir les chocs négatifs externes. Les mesures annoncées par Macron en décembre ont alimenté le pouvoir d’achat et soutenu la demande interne afin d’amortir le choc extérieur (net ralentissement du commerce mondial depuis l’automne). L’objectif n’est pas de relancer la croissance mais de la stabiliser et de l’immuniser face au risque externe. Cela semble fonctionner/

Croissance française: Interview sur BFM Business

Par Philippe WAECHTER

Interview menée par Guillaume Paul à propos de la note de conjoncture de l’INSEE publiée le 20 juin à 1800

La Fed n’est pas pressée d’ajuster sa politique monétaire

Par Philippe WAECHTER

Dans son communiqué de politique monétaire, la Fed indique qu’il n’y a pas d’urgence à réduire ses taux d’intérêt. Les données d’activité sont encore robustes et l’inflation reste modérée. Dès lors tant qu’il n’y a pas d’inflexion brutale, il n’y a pas de raisons pour la banque centrale de se précipiter pour ajuster sa politique monétaire. (C’est ce que j’évoquais ici)

Le graphe des dots, reflétant les anticipations des membres du comité de politique monétaire (FOMC), considère que le taux des fed funds sera stable en 2019, baissera une fois en 2020 avant de remonter en 2021 au niveau actuel.

La banque centrale américaine, qui ne veut pas se hâter compte tenu de la situation économique encore solide, ne veut pas donner de signaux sur ce qu’elle fera. C’est la fin du forward guidance pour la Fed. Elle ne s’engage sur rien confirmant ainsi sa volonté de ne pas se lier les mains par des engagements qui pourraient ne pas être en phase avec une conjoncture changeante.

BCE: comment cramer des munitions pour rien

Par Philippe WAECHTER

A Sintra, lors du séminaire de la BCE, Mario Draghi a insisté sur le risque relatif à la croissance et aux difficultés de satisfaire la cible d’inflation (proche mais en dessous de 2%). Si des risques supplémentaires se matérialisaient alors la BCE pourrait réduire ses taux et relancer une procédure d’achats d’actifs. L’idée est de reprendre et d’accentuer ce qui a fait le succès de la BCE depuis 2013. (Taux bas =moindre incitation à reporter sa richesse dans le temps compte tenu du faible rendement associé. Cela avait soutenu la demande interne)

Il a dans le même temps appeler à une politique économique active. Sur ce point l’échec dans la mise en œuvre d’un budget de la zone euro reflète des comportements non homogènes en zone euro. Il n’y aura pas de politique budgétaire de la zone euro. On ne peut donc pas imaginer une politique de la zone euro à deux composantes.
Or une règle majeur de la théorie de la politique économique est qu’il faut autant d’instruments que d’objectifs. Il y a deux objectifs (croissance et inflation) et un seul instrument, la politique monétaire.

Cela ne fonctionnera pas surtout avec une série de chocs extérieurs négatifs. En 2016/2017, la politique monétaire avait bénéficié d’un contexte international favorable même si la politique budgétaire était peu active. Aujourd’hui, l’environnement n’est plus aussi porteur et l’absence de politique budgétaire rendra difficile l’amortissement des chocs externes. La BCE va donc agir seul et en devenant plus accommodante elle va cramer des munitions pour un résultat médiocre.

Repli du ZEW, l’Allemagne dans la tourmente

Par Philippe WAECHTER

Le repli du ZEW en juin accroît le risque à la baisse de l’activité allemande (récession technique ?). Les risques et incertitudes sont tels que l’on ne peut anticiper un rebond rapide de l’activité globale. La croissance du PIB va ralentir et sûrement entrer en territoire négatif.

Le repli de la composante anticipations est spectaculaire sur le mois mais ce qui compte et explique le repli de l’indice ZEW composite est l’allure des conditions courantes.

L’Allemagne est prise dans la tourmente des risques sur le commerce mondial. Les exportations ont reculé de près de 5% en valeur en avril (et de 3% en volume depuis le début de l’année). L’impulsion habituelle de l’économie allemande est moins robuste et cela devrait persister.

Mario Draghi annonçait ce matin à Sinatra la possibilité de nouvelles mesures dans les prochains mois. Cela pourrait aller plus vite que prévu.

Les chiffres à venir. Semaine du 17 au 24 juin

Par Philippe WAECHTER

Les principaux points

  • La réunion de la Fed le 19. Pas d’attente de baisse immi e te des taux. Les données macro et l’inflation n’envoient pas d’alertes susceptible de forcer la main de la Fed
  • Le marché immobilier avec les mises en chantier le 18 et surtout la revente de maisons (21). Ce dernier indicateur reflète une sorte d’effet de richesse dont l’allure est cohérente avec la consommation des ménages. La tendance baissière des derniers mois plaident pour un ralentissement supplémentaire des dépenses au risque de peser sur le profil du PIB.
  • Les enquêtes Markit (estimations avancées pour le japon la zone euro, l’Allemagne, la France et les USA). Les indicateurs récents dans le secteur manufacturier ont été médiocres avec une forte inflexion baissière aux USA. Sera ce confirmé en Juin? On regardera aussi les commandes à l’export afin d’anticiper le profil du commerce mondial.

Le document est disponible en anglais ici

Le pétrole peut il aller à 100 $ ? Interview sur Ecorama

Par Philippe WAECHTER

Les tensions dans le détroit d’Ormuz reflètent et créent des tensions diplomatiques dont l’impact pourrait être important sur le marché du pétrole.
J’en discute avec David Jacquot dans Ecorama sur le site de Boursorama

Interview sur la croissance française

Par Philippe WAECHTER

L’économiste Philippe Waechter, Directeur de la Recherche Economique chez Ostrum AM, était ce mercredi à 8h12 l’Invité de la Rédaction.

La Banque de France a publié hier mardi ses prévisions pluriannuelles actualisées… Elles prennent en compte notamment le fort gain de pouvoir d’achat né des mesures prises par le gouvernement suite mouvement des « gilets jaunes ». Philippe Waechter répondait aux questions d’Olivier Cammas…

https://www.radiototem.fr/media/com_podcastmanager/00-24-linterviewdumatin/TOTEM%20-%20L%20INTERVIEW%20DU%20MATIN%20du%2012-06-2019%20%C3%A0%2008h13.mp3


L’emploi progresse vite en France au T1

Par Philippe WAECHTER

L’emploi salarié en France augmente très rapidement au premier trimestre. Avec 92800 emplois de plus, ce chiffre est comparable aux points hauts de 2017. La croissance est plus riche en emplois, c’est indéniable et les réformes sur le marché du travail y ont contribué.

Sur un an, l’emploi salarié augmente de 218 600 ce qui est beaucoup plus fort que ce qui était attendu.

Cette hausse de l’emploi va s’ajouter aux mesures sur le pouvoir d’achat et soutenir la demande interne. De la sorte, la croissance devient plus autonome, compensant le risque associé au choc extérieur (fort ralentissement du commerce mondial). L’économie française devient plus robuste.

Le Mexique a cédé face à Trump

Par Philippe WAECHTER

Finalement il n’y aura pas d’escalade de taxes à la frontière entre les USA et le Mexique. Les mexicains ont accepté de faire le nécessaire pour limiter les flux de population entre les deux pays. En mai de cette année, 144 000 personnes avaient été repoussées pour passage illégal de la frontière ou par refus des américains. Ce chiffre est le plus élevé depuis 5 ans mais moindre que ce qui a pu être observé dans le passé. Le graphe en annexe est éclairant.

Au delà de ce chiffre, Trump réussit enfin à peser sur les flux migratoires puisque l’on sait que c’est une de ses obsessions. Il avait voulu un mur/frontière entre les deux pays qu’il n’avait cependant pas réussi à financer. Il avait ensuite demandé un effort au Mexique pour limiter le passage de produits illicites à la frontière. Il avait aussi évoqué la taxe à 25% sur les automobiles pour faire changer les comportements du Mexique. Cela n’avait pas été suffisant.
Le mécanisme de taxe de 5 % supplémentaire chaque mois (à partir du 10 juin jusqu’en octobre soit 25% de taxe à la fin) sur l’ensemble des importations américaines du Mexique a été la menace suffisante même si cette mesure avait peu de soutien chez les républicains et même à la Maison-Blanche (Mnuchin et Kushner y étaient opposés).

Trump et sa stratégie du bulldozer sortent grand vainqueur de l’opération. Le président américain réussit à infléchir les flux migratoires et à faire porter le coût de l’opération au Mexique. En effet, le Mexique servira d’antichambre pour les migrants voulant arriver aux USA. Cela veut dire qu’il faudra les prendre en charge au Mexique ou faire le nécessaire pour interdire les sud-américains de passer par le Mexique pour entrer aux USA. Le coût sera durablement élevé et porté par le Mexique.

Les comportements basés sur la menace du plus fort pose de nombreuses questions.

Des relations bilatérales peuvent-elles être viables si elles reposent sur la défiance et la menace.

On observe qu’une telle stratégie ne fonctionne pas avec la Chine dont le développement est moins dépendant des USA que le Mexique.

La question maintenant est de savoir comment les Etats-Unis vont se positionner vis à vis de l’Europe notamment dans le rôle pivot qu’aura l’Europe dans la redéfinition de l’équilibre politique global. Les derniers développements des relations entre les trois zones montrent des espaces de discussions très importants et l’absence d’une position commune entre les trois régions, ni même de positions bilatérales communes face au troisieme. Les USA ne réussissent ainsi pas à contraindre l’Europe vis à vis de la Chine. C’est un élément majeur pour l’Europe et sa capacite à influencer le monde. (voir ici)

Graphe en annexe

Les chiffres de la semaine prochaine

Par Philippe WAECHTER

Sur mon blog anglais j’analyse les chiffres qui seront publiés la semaine du 10 au 14 juin.
Suivre le lien pour y accéder 

Quel dessein pour la BCE ?

Par Philippe WAECHTER

On se trompe peut être à propos de la #BCE. On la voudrait agissante et réactive alors qu’elle est posée et un peu languissante. Peut être est ce à dessein afin d’être un pôle de stabilité dans un monde de fou et ne pas rajouter ainsi à la dinguerie ambiante !!!

Une BCE trop restrictive

Par Philippe WAECHTER

Mario Draghi a déclaré que la BCE était prête à agir si nécessaire. Mais il ya quelque chose que je ne comprends pas: la BCE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance et d’inflation pour cette année et les deux prochaines années. La croissance devrait à peine converger pour atteindre 1,4% en 2021 et le taux d’inflation devrait être de 1,6% pour la même année (beaucoup moins que l’objectif de la BCE).

Cela peut-il être rassasiant? Non, ce niveau de prévisions est trop bas. Cela signifie que la zone euro n’a pas été en mesure d’amortir le choc négatif externe. Si la politique monétaire laisse encore une marge de manœuvre, cela signifie que la position actuelle est trop restrictive. Les prévisions actuelles concernant les futures mesures de politique monétaire ne suffisent pas pour inverser la tendance. Besoin de plus

Investissement – Allure préoccupante dans l’OCDE

Par Philippe WAECHTER

Inquiétudes sur la dynamique de l’investissement dans l’OCDE. Les commandes de biens d’équipement en Allemagne continuent de reculer

Fed : Baisse des taux en septembre ?

Par Philippe WAECHTER

La Fed suggère une baisse des taux en septembre

#politiquemonétaire #FederalReserve #tauxdinteret #recession

Le 2 pages Macro – Dynamique de court terme

Par Philippe WAECHTER

Le document reprend en deux pages les principales articulations de la dynamique macro globale telle que je la perçois. 
Le document est ici 2 pages Macro – Scénario 4 juin 2019 

La question italienne – Interview sur BFM Business

Par Philippe WAECHTER

Discussions sur l’Italie au moment de la conférence de presse du président du conseil Giuseppe Conte. Avec Benaouda Abdeddaïm éditorialiste à BFM business et débat animé par Karine Vergniol et Guillaume Paul
cliquer sur l’image pour voir la vidéo

Contraction du secteur manufacturier mondial

Par Philippe WAECHTER

L’indice mondial de l’enquête Markit pour le secteur manufacturier passe sous le seuil de 50 au mois de mai. C’est ce que montre le graphe. L’indice avait connu un point haut en décembre 2017 mais ralentit depuis et se contracte même en mai 2019.

Le mouvement de repli est d’une grande rapidité et montre à la fois que pour certaines régions la hausse de 2017 n’était pas soutenable (Zone Euro) mais surtout que, tout au long de 2018, est mis en place un cadre non coopératif et non coordonné à l’échelle globale, principalement sous l’impulsion du président américain.
La contraction (on parlera de récession du secteur si l’indice passe durablement au-dessous de 50) du secteur manufacturier reflète le net ralentissement des échanges (on échange principalement des biens manufacturiers) provoqué par la hausse des tarifs douaniers mis en place par la Maison Blanche.

Le détail par grandes zones montre que le repli récent résulte de la fin de l’impulsion budgétaire américaine (les 2 indices américains s’étaient écartés fortement de l’allure de l’indice mondial pour des raisons liées à la politique budgétaire). Très brutalement l’indice Markit a chuté à 50.5 pendant que l’indice ISM, plus volatil, revenait à 52.1. L’impulsion américaine n’est plus ce qu’elle était.
La Chine est juste au-dessus de 50 et la zone Euro reste en zone de contraction. Non montré sur le graphique l’indice émergent est encore un peu au-dessus de 50 à 50.4 mais l’indice BRIC est à 50.8. Les BRIC vont un peu mieux que les émergents non BRIC. Le Royaume Uni passe sous le seuil de 50 à 49.4 et le Japon replonge sous le seuil de 50 à 49.8.

En zone Euro, l’indice global reflète les fragilités de l’Allemagne. Néanmoins aucun autre pays n’a la capacité de contrebalancer la fragilité observée outre-Rhin.

En gros le secteur manufacturier des pays développés tend à se contracter, son indice est à 49.2 alors que les émergents ne ralentissent que plus lentement. Les deux régions sont dans des zones préoccupantes.
Le risque est une extension en territoire négatif de ces indicateurs. En effet, la baisse profonde des taux d’intérêt de long terme traduit le pessimisme des investisseurs qui n’ont plus envie de faire de paris sur l’avenir. Si cette perception est prolongée, alors on ne peut pas exclure une contraction supplémentaire de l’activité et des échanges.

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